Manolo Chrétien – Interview

Galerie A. Bard : A quel moment as-tu senti que tu deviendrais photographe?
Manolo Chrétien : Le jour où mon père, alors à l’entrainement à la Cité des Étoiles à Moscou en 1984, m’a offert un appareil photo LOMO chargé d’une pellicule 24 poses lors de ma visite sur la base. J’ai immédiatement été séduit par l'idée du cadrage, de la composition. La passion du détail des engins qui m’entouraient est née à cet instant.

A B : Quels sont tes rituels dans ton atelier, avant de te mettre au travail ?
M C : J’ai la chance d’avoir un atelier exposé au sud avec de grandes surfaces vitrées. Il surplombe la Loire et chaque matin, dès l’instant où j’ouvre mes volets, je m’émerveille du spectacle offert par ce grand fleuve sauvage pendant plusieurs minutes, c’est un moment de méditation et de concentration essentiel.

A B : Quelle est l’inspiration de tes créations ?
M C : Ma vie artistique est totalement liée à la gravitation terrestre et à ses effets sur notre environnement, je suis habité par la dynamique des fluides, c’est le moteur de ma création.

A B : Quel message transmets-tu à travers tes toiles ?
M C : J’essaie d’être fidèle à mes émerveillements, de transmettre mes sensations lors de la découverte d’un lieu, d’un objet, d’un instant unique.

A B : Partant sur une ile déserte avec quel mentore aimerais-tu partir, et pourquoi ?
M C : En dehors de ma muse Céline-Pia sans qui je ne suis rien, je partirais avec tous les livres de Saint Exupéry, Christian Bobin et François Cheng, et bien sûr tous les albums de Frédéric Chopin, Jean-Sébastien Bach, et Radiohead.

A B : As-tu une anecdote à nous livrer ?
M C : Un de mes plus beaux souvenirs de cliché reste le jour où, lors de mon premier voyage photographique à Tucson en Arizona, je me suis engagé totalement par hasard sur un chemin de sable dans le désert par un soir de fin d’orage. Après quelques kilomètres dans un spectacle digne d'un film ou d’un cliché de Wim Wenders, je suis tombé sur un magnifique cimetière d’avions, au bord duquel se trouvait un « casseur » d’aéronefs et autres engins qui m’a donné l’impression qu’il avait tout orchestré pour me permettre le cliché de mes rêves : positionnement des épaves, lumières, couleurs, tout y était… Je n’avais plus qu’à cadrer !

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