Christophe LAMBERT

  • Saint Suaires -I’m Eighteen de Alice Copper – 25x 25cm
  • Série Saint Suaires – Superstition de Stevis Wonder – 25x25cm
  • Série Saints Suaires – Baby let me follow you down de Bob Dylan – 25x32cm
  • Série Saints Suaires – Planet Caravan de Black Sabbath – 40x25cm
  • Série Saints Suaires – Sex machine de James Brown – 25x25cm
  • SSGants 01c
  • SSGants 04a

Né au lendemain mai 68.

Christophe Lambert est un pur parisien, ayant grandi, vivant et travaillant toujours à Paris Il décrit son enfance comme «schizophrène », partagée entre un père ingénieur plutôt  traditionnel et une mère bohème et fantasque, bijoutière, costumière, qui l’emmène dans les boîtes de nuit le week end, tandis que la semaine, il fréquente un établissement  religieux dans le 16 ème arrondissement. Un grand père affichiste et galeriste, une mère fréquentant les artistes la rencontre avec l’art se fait naturellement dès le plus jeune âge.

Il fréquente assidûment le musée par divertissement, par goût de la solitude, puis enfin, les années venant, par un intérêt grandissant pour l’art Il s’oriente d’ailleurs vers des études très classiques, s’engage dans l’ingénierie puis finalement devient architecte, une manière d’allier une certaine forme de pratique artistique à la rigueur de l’ingénieur Loin de l’image de l’« architecte star », concevoir des lofts ou des immeubles lui fait cruellement ressentir le manque de liberté créative, d’autonomie, dans ce métier où dominent souvent les contraintes esthétiques Plus tard, la rencontre avec certaines oeuvres, celle de Peter SAUL, de Peter KLASEN, de Keith TYSON, avait agi comme une révélation, une découverte de la liberté, voire de l’irrévérence, de créer, de produire, de juxtaposer les codes, de les traverser ou de les déconstruire Il dessine et peint, produit des petits tableaux à l’esprit pop, sans encore réelle ambition, du moins consciente, de devenir artiste Au début des années 2000 il lui faudra quelques « choses de la vie » pour sortir ses dessins et tenter de commencer à exposer Ce faisant, il fourbit ses outils et ses armes, affine et affirme ses élans créatifs, inventorie des projets, alliant l’ironie au cross over culturel, le jeu de mot à l’utopie Durant plusieurs années, il prépare ainsi peu à peu une sorte de corpus d’oeuvres virtuelles qui ne demandent qu’à éclore, et dont les « Saints Suaires », présentés récemment, sont la manifestation.

“Comme sur une peau couverte de tatouages, les dessins de Christophe Lambert se composent par glissement, télescopage condensation disruption, dans une sorte de cadavre exquis dont le sens, in fine, n’appartiendrait qu’à lui, et le « suaire » se fait palimpseste de son histoire Il procède aussi par clash visuel, samples d’univers qui avec le temps se sont rendus connexes. Dans cette dérive des continents culturels, se côtoient des putti italiens et Léonard de Vinci, Bob l’éponge et Gregory Peck en Captaine Achab, des coeurs percés d’une flèche façon voyou sentimental et des têtes de mort ou les ailes d’un ange qu’on trouve aussi bien sur des pulls à la mode que dans le dos d’un Hell’s Angel et les ornementations, sur le fil de la beauté ou du mauvais goût, flirtent avec le baroque autant qu’avec la culture pop Synesthésie de l’inspiration, chaque oeuvre porte le titre d’un morceau de musique écouté pendant sa réalisation. Cette sélection très éclectique, de  James Brown à JS Bach, en passant par Michael Jackson ou Ryuchi Sakamoto rappelle, s’il fallait le dire encore, combien nos références relèvent désormais d’une culture commune à plusieurs générations et milieux socioculturels, et comment les supposées frontières entre culture de masse, subculture, et culture traditionnelle tendent à se dissoudre, dans une porosité des catégories esthétiques largement ancrée dans notre époque."

Marie Deparis-Yafil

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