Olivier DE CAYRON

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Explorant le pixel comme une cellule, Olivier DE CAYRON s’inscrit dans la tradition des artistes chercheurs. « Faire des recherches en arts plastiques, tels les scientifiques, représente pour moi la véritable fonction de l’artiste. » Il se sert des nouvelles technologies pour inventer des machines à voir sur mesure. « Je suis le premier à avoir introduit des bandes perforées industriellement dans un travail artistique » par exemple. Ces bandes utilisées depuis le début des années 2000 à l’horizontale, deviennent des verticales, structurant l’image d’une manière plus affirmée, plus architecturale, plus optimiste. Contrairement aux travaux des pointillistes, ces claires-voies ouvrent l’image. À rebours des sérigraphies d’Alain JACQUET (né en 1939), dans son fameux et mécanique « Le déjeuner sur herbe » par exemple, cette trame là perfore la planéité de l’œuvre. Les points sont ici des trous, l’œuvre se dévoile en escamotant l’image initiale. On y voit comme à travers une passoire, comme à travers la mémoire. On y descelle la force de la ligne, un dessin un peu raide, évoquant la bande dessinée. L’image est pourtant lisse. On passe devant, le paysage change, l’œil stimulé rêve.

Passant par une phase d’immatérialité, l’image numérisée devient virtuelle et c’est à ce moment précis qu’elle s’érotise elle est investie de désir avant de prendre une nouvelle forme Claude Gache écrivain. C’est depuis le tout début des années 2000 qu’Olivier de Cayron approfondit cette démarche qui mêle séquençage des images et utilisation du micro perforé (trame industrielle), du plexiglass et de l’entretoise afin de décaler le micro perforé de l’image initiale pour créer une vibration visuelle indispensable à la recherche d’oeuvres évolutives En obligeant le spectateur à adopter une attitude particulière pour observer l’oeuvre, le travail d’Olivier de Cayron se rapproche de l’art optique, même si, comme le lui disait Julio le Parc, co fondateur, en 1963 du Groupe de Recherche en Art Visuel, le Cinétisme et l’Op Art ont des expressions plutôt abstractives Co directeur depuis 25 ans de la revue ArtScènes et créateur en 2011 de la manifestation Baltart Contemporain, Olivier de Cayron a pu saisir de près les interrogations et les motivations des photographes plasticiens aujourd’hui, et constater le retour à une forme de figuration, ou plus précisément une forme de narration, au delà des expérimentations formelles et techniques En tant qu’artiste, il s’inscrit pleinement dans cette démarche innovante qui fait dialoguer recherche optique et esthétique narrative, en associant les nouvelles technologies avec une poétique qui façonne l’oeuvre de l’intérieur.

Olivier de Cayron extrait du livre TRANSFIGURING juin 2018.

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