Thierry Boitier – Interview

On connaît l’œuvre de Thierry BOITIER par ses toiles et son univers particulier qu'il dépeint depuis une trentaine d'années.

Aujourd'hui Thierry BOITIER nous présente pour la première fois son travail photographique. C’est en quelque sorte la prolongation naturelle de sa sensibilité.

Graphiste à l'origine puis peintre et aujourd'hui abordant la photographie, son œil n'a eu de cesse de se révéler. Maîtrisant esthétisme, cadrage, équilibre, palette, tous ces ingrédients ne font qu’enrichir l'œil particulier de ce peintre photographe. Il fige, lors de ses voyages, des paysages marins d'un vierge encore originel avec un rendu de ses clichés se rapprochant du sépia ou d’images surannées, où pour certains, des écrits ont été apposés comme des images de carnet de voyage. La prouesse de Thierry BOITIER est d’amener à ses photographies un paradoxe entre le temps passé et de les projeter dans un contemporain avec des liserés de couleurs vives, les amenant à une originalité jamais vue. L'angle de vue de Thierry fait émerger aujourd'hui une nouvelle approche de la nature.

 

Galerie A. Bard : A quel moment as-tu senti que tu deviendrais Peintre?
Thierry Boitier : Depuis toujours, j’ai dessiné et "bricolé" les formes et les couleurs, sans arrêt. Ce qui m’a orienté naturel-lement vers le graphisme et plus spécifiquement vers le design textile. En parallèle, j’ai peint beaucoup de tableaux mais sans trouver de voie intéressante. C’est la découverte du travail du peintre Richard Texier dans les années 90 qui va bouleverser mes codes picturaux et provoquer la fameuse étincelle pour ainsi me permettre de me consacrer à la peinture. A côté de ce processus, la photographie est le fil rouge permanent de ma création.

 

« Grey landscape is becoming blue » - 100 x 100 cm

 

A B : Quels sont tes rituels dans ton atelier, avant de te mettre au travail ?
T B : Depuis l’avènement d’internet, un de mes rituels favoris est d’explorer, de découvrir le travail des artistes du monde. Eplucher les codes visuels et les remettre en perspective. Il y a toujours une nouvelle manière, de nouvelles images pour enrichir la pensée.

A B : Quelle est l’inspiration de tes créations ?
T B : L’abstraction est mon langage de prédilection. En ce qui me concerne, la puissance des formes, des couleurs, la tension émotionnelle qui en résulte en dit beaucoup plus long qu’une description figurative.

 

« Indian wild flowers » - 80 x 80 cm

 

A B : Quel message transmets-tu à travers tes toiles ?
T B : L’émotion, l’introspection en chacun de nous et la possibilité d’une autre réalité sont les éléments que j’aime susciter chez le spectateur.

A B : Partant sur une ile déserte, avec quel mentor aimerais-tu partir, et pourquoi ?
T B : Sans hésiter, mon maître à penser depuis toujours, le musicien Brian Eno qui à travers ses compositions d'Ambient Music, a toujours accompagné ma réflexion et ma création. J’imagine que l’on pourrait combiner nos façons de créer et produire une œuvre hybride.

 

« Quatre degrés sud » - 100 x 100 cm

 

 

A B : As-tu une anecdote à nous livrer ?
T B : Au milieu des années 2010, j’ai eu l’occasion de visiter une belle et grande maison Horta à Bruxelles et à ma grande surprise j’y ai découvert une collection de mes tableaux disséminés à travers les lieux. Le propriétaire était admirateur de mon œuvre.
J’étais stupéfait de voir qu’une seule personne puisse s’intéresser autant à ma création.

 

« Jardin jaune en progression » - 80 x 80 cm