Isabelle Bard – Interview

Galerie A. Bard : A quel moment as-tu senti que tu deviendrais Peintre?
Isabelle Bard : Je dois dire que rien n’était joué d’avance, je n’y pensais pas. Je faisais beaucoup de peinture décorative, stuc, trompe l’œil. Puis après une période difficile, je m’entends dire à une amie, Juliette, que « la matière et les pinceaux me manquaient ». Elle me prit au mot, et me dit « chiche » ! Je ne pouvais plus reculer, me rendant à l’évidence, ce désir renaissant allait de soi et je me suis lancée.

 
 

A B : Quels sont tes rituels dans ton atelier, avant de te mettre au travail ?
I B : Ce que je fais avant de me mettre au travail n’a rien à voir avec la peinture, je gagne du temps, je retarde (peur du premier coup de pinceau), je vais, je viens, j’ordonne les choses, l’obsession de me mettre au travail !... Puis je rentre dans mon atelier, je mets du rouge à mes lèvres, je peux commencer.

 
 

A B : Quelle est l’inspiration de tes créations ?
I B : Corot en Italie…Et la Nature toute entière, l’étendue des paysages, les humeurs du jour, la lumière chaude d’une fin d’après-midi, un bel arbre au détour d’une route, cela m’enchante ; je me nourris de ce qui arrête mon regard et de mes pairs dont j’admire le travail.

 
 

A B : Quel message transmets-tu à travers tes toiles ?
I B : Donner l’envie de se poser, prendre le temps, l’étirer, se le réapproprier ; transmettre l’envie d’embrasser du regard ce qui nous entoure. Respirer, sentir et ne rien faire, ne rien faire, juste être là.

 
 

A B : Partant sur une ile déserte, avec quel mentor aimerais-tu partir, et pourquoi ?
I B : J’en emmènerais plusieurs : Steinbeck, pour avoir si bien décrit les grandes plaines américaines, François Cheng pour sa grâce, et un coup de cœur récent pour Gilles Aillaud pour l’ampleur de ses plages. Mais il y en a d’autres encore…

 
 

A B : As-tu une anecdote à nous livrer ?
I B: C’était il y a longtemps. A l’époque je peignais des fleurs et des paysages sur des bannières de lin. Un soir, j’ai invité mes parents à la maison, ils sont entrés dans mon atelier, et alors que je retouchais ou terminais quelque chose sur la toile, j’entends mon père me dire : « Ca y est, tu es peintre, Isabelle. » Je lui ai dit merci. C’est peut-être à cet instant précis qu’il s’est passé quelque chose en moi, et ces mots de mon père, j’y pense encore aujourd’hui.

 
 

Le coup de cœur de la galerie et de l'artiste

« Paysage » - 30 x 30 cm

« Paysage » - 30 x 30 cm

« Paysage » - 30 x 30 cm

« Paysage » - 30 x 30 cm